Vers une société de surveillance ?

Dans son rapport annuel, la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) attire notre attention sur les enjeux que représentent les avancées technologiques. La CNIL met en regard la rapidité des évolutions technologiques et la lenteur juridique, due en partie au débat préalable à la prise de décisions par les autorités compétentes.

De plus en plus de traitements de données sont réalisés à l’insu des personnes et permettent de tracer leurs déplacements physiques dans les transports en commun, leurs consultations sur Internet, leurs communications téléphoniques… Cette surveillance est invisible puisqu’il s’agit de fichiers et données informatiques.

Alex Türk, le président de la CNIL indique que « nous sommes confrontés à une situation d’extrême urgence. (…) Les effets du progrès technologique sont irréversibles, sauf bouleversements de civilisation. Dans une certaine mesure, sont également irréversibles les effets des législations qui encadrent ce progrès. (…) Le rôle de la CNIL n’est pas de juger de l’opportunité de choix opérés par les pouvoirs publics. Il s’agit d’éclairer ces choix et de formuler des solutions permettant de conjuguer des légitimités opposées. » Il estime « que les autorités doivent provoquer une prise de conscience collective« .

Echange de données bancaires

Par ailleurs, la CNIL dénonce les risques que présente l’accès aux données « SWIFT ».

La société belge SWIFT offre des services de messagerie sécurisée et standardisée à 8.100 institutions financières, établies dans 207 pays, afin de transporter leurs ordres de transferts de fonds. Peu après les attentats du 11 septembre 2001, les autorités américaines ont réclamé un accès permanent au serveur de SWIFT implanté aux Etats-Unis, aux fins de lutte contre le terrorisme.

Après maints échanges avec les autorités européennes, les Etats-Unis se sont engagés sur un certain nombre de points concernant l’accès aux données détenues par la société belge SWIFT.

L’UST (le ministère du Trésor américain) s’engage notamment :

  • à ne traiter les données de SWIFT que dans le but de lutte contre le terrorisme ou le financement du terrorisme,
  • à encadrer l’accès aux données de SWIFT, ainsi que leur transfert éventuel à d’autres autorités publiques, américaines ou étrangères.

Mais ces règles d’usage, par ailleurs très vagues, ne sont fixées que par un document américain unilatéral.

De quelque côté que l’on se tourne, notre droit d’intervention paraît de plus en plus limité !!


Ecrit par Lise - Site
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Un commentaire

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  1. roland

    ça me fait penser à l’évolution de l’Europe vers la fin du Moyen-Age , quand on rendit la confession obligatiore afin que les prêtres, puissent tout savoir sur leurs ouailles:
    http://fr.wikibooks.org/wiki/La_Grande_Chasse_aux_sorci%C3%A8res,_du_Moyen_%C3%82ge_aux_Temps_modernes/La_sorcellerie_de_second_type_(XIIIe_au_XVIe_si%C3%A8cle)

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