Le musée d’histoire allemande

Pour mon dernier jour à Berlin (vendredi), j’ai visité le musée d’histoire allemande (Deutsches Historisches Museum).

Je n’y étais jamais allée, je n’en avais vu que la cour intérieure (1). J’ai tout d’abord visité l’exposition Zerstörte Vielfalt (que l’on pourrait traduire par Anéantissement des différences).

L’exposition Zerstörte Vielfalt

L’exposition Zerstörte Vielfalt – Berlin 1933-1938 est organisée par le Deutsches Historisches Museum dans le cadre du 80ème anniversaire de la prise de pouvoir par le national-socialisme et du 75ème anniversaire des pogroms de novembre 1938. La variété (traduction littérale de Vielfalt) qui fit de Berlin une métropole culturelle fut anéantie par le national-socialisme. Cette exposition témoigne des destructions que subit Berlin et montre la montée du nazisme sous différents angles. Elle rappelle quelques faits historiques, souvent méconnus, notamment des jeunes générations. De nombreux groupes de jeunes, dans le cadre scolaire sans doute, visitaient cette exposition.

Après la création de l’empire allemand en 1871, Berlin devint la capitale de l’empire. La ville grandit très rapidement et devint la ville la plus développée d’Europe. Le trafic crût également et sur l’avenue Kurfürstendam l’on vit apparaître des magasins élégants, des cafés, des salles de danse, et dans le même temps famine et habitants sans logis… La crise de 1929 aggrava cette situation. La crise économique mondiale frappa particulièrement Berlin. En 1931 le nombre de chômeurs atteignit un tiers des adultes en état de travailler. Chômage de masse et scandales politiques caractérisèrent la république de Weimar, ce qui contribua à la montée des partis antidémocratiques.

Des affiches au début de l’exposition témoignent de la vie dans la capitale allemande montrant des bâtiments illuminés et une circulation intense. Le Kurfürstendam et le mémorial de l’empereur étaient la vitrine de Berlin, avec ses cabarets, ses magasins de luxe, ses revues de théâtre, ses cinémas, ses salles de danse avec un public international et mondain, ses cafés qui étaient le lieu de rencontre de la bohème berlinoise.

L’exposition décrit la prise de pouvoir par Hitler et le développement du national-socialisme, par différentes animations et explications. Il est notamment souligné que 25,9 % des Allemands avaient voté pour le parti d’Hitler lors des élections de 1932. Avec le parti communiste, ils constituaient les deux partis les plus influents au Reichstag (Parlement). Le NSDAP ne disposait certes pas de la majorité mais d’une avance certaine. En trois ans seulement, le NSDAP était devenu un parti de masse. Franz von Papen, ancien chancelier du Reich (empire), espérait utiliser le national-socialisme dans son propre intérêt. Il influença la décision du président Hinderburg afin de désigner Hitler comme chancelier. Les radios furent utilisées comme moyen d’une propagande de masse. Telefunken, en 1933, se spécialisa dans la production de hauts-parleurs d’extérieur et de grandes dimensions, qui furent déployés en grand nombre le jour de la fête du travail, le 1er mai 1933. L’exposition rappelle le poids des médias et l’influence de ceux qui les possèdent. Des reproductions des journaux de l’époque sont également présentées.

Très peu de temps après leur arrivée au pouvoir, les nationaux-socialistes commencèrent à arrêter les juifs et les opposants politiques massivement. Un des moments les plus forts de cette violence fut la semaine sanglante de Köpenick en juin 1933, au cours de laquelle plusieurs centaines de personnes furent maltraitées par les SA et au moins 23 personnes furent tuées. La prison de la Gestapo et camp de concentration Columbiahaus exista entre l’été 1933 jusqu’à novembre 1936. C’est là que furent emprisonnés communistes, socio-démocrates, syndicalistes, juifs, intellectuels, homosexuels dans le cadre de la Röhm Affäre. 8 000 personnes furent ainsi arrêtées.

Cette exposition montre également la violence à l’égard des lesbiennes et homosexuels d’origine juive. Le Schwules Museum, en cette année 2013, propose une exposition montrant les conditions dans lesquelles ils vivaient pendant la république de Weimar et sous la domination national-socialiste.

A partir de 1940, les handicapés mentaux ou physiques furent systématiquement assassinés. Cette action appelée « Aktion T4  » fut mise en place en octobre 1940, ainsi nommée parce que la planification et l’organisation de ce programme d’euthanasie se tinrent dans une villa située à Berlin à l’adresse Tiergarten Straße 4. Six centres d’extermination furent créés. En 1933 fut lancée l’idée de la stérilisation des malades, et en 1934 fut votée une loi pour la stérilisation forcée. A Berlin furent ordonnées 14 500 stérilisations, parmi lesquelles ceux qu’on appelait des asociaux, mais furent concernés avant tout des malades. Au total, ce sont plus de 70 000 malades qui furent assassinés entre 1940 et 1941 dans toute l’Allemagne. Les malades mentaux juifs étaient stigmatisés deux fois, en tant que juifs, et en tant que malades mentaux. Sur leur bulletin de santé dans les hôpitaux étaient inscrits soit un « J » soit « Jude » (juif). Ces assassinats concernaient également les très jeunes enfants, lorsqu’à leur naissance étaient détectées une malformation ou une maladie mentale.

Des témoignages sont lus et peuvent être écoutés, en allemand ou en anglais, dans différents endroits de la salle d’exposition. Ils sont assez émouvants.

En 1939, la seconde guerre mondiale commence. Les Berlinois n’en voient à cette époque pas grand chose. En 1941 commença la déportation des juifs. La Gestapo regroupa plus de 50 000 hommes dans les ghettos et les camps de déportés.

En 1942, l’Allemagne occupa l’Europe et plus de 500 000 travailleurs furent envoyés vers Berlin, qui devint le centre névralgique de l’industrie de guerre.

En 1943, les Alliés commencèrent à bombarder Berlin.

L’exposition Leipziger Schlacht

L’exposition Auf dem Schlachtfeld bei Leipzig (Sur le champ de bataille de Leipzig) a comme point de départ le tableau de Johann Peter Krafft « Siegesmeldung » (Annonce de la victoire). Ce tableau représente notamment le tsar Alexandre 1er de Russie, l’empereur François 1er d’Autriche, le roi François-Guillaume III de Prusse, Charles Philippe, Prince de Schwartzenberg. Ce tableau, très lumineux, fait penser à une photographie tellement les personnages et les objets sont peints avec netteté et avec force détails.

La bataille de Leipzig de 1813 ne fut pas seulement une victoire de l’Autriche, de la Prusse, de la Russie et de la Suède sur Napoléon, mais surtout le « début de la fin » du règne de Napoléon ; avec 500 000 soldats et plus de 90 000 morts ce fut une des batailles les plus sanglantes de l’histoire.

Les collections permanentes du musée

Alors que les expositions se tiennent dans un bâtiment spécifique que l’on rejoint via une cour intérieure, les collections permanentes sont présentées à l’entrée du musée. Un étage est consacré à l’histoire allemande avant 1918 (que je n’ai pas visité), les salles du rez-de chaussée s’attachent aux époques postérieures à 1918. Elles présentent l’histoire de façon chronologique, avec beaucoup d’affiches et des photos, mais très peu d’objets. Dans les dernières salles, des vidéos sont disponibles. Dans une salle, un film, très bien fait, présente une synthèse de l’histoire allemande.


Ecrit par Lise - Site

  1. Voir les photos du musée de l’histoire allemande []

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